A CANA, AU PARADIS

Mercredi 23 Avril 2008

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A CANA, AU PARADIS
Comment imaginer qu’à quelques minutes de route de Papeete, isolé sur les hauteurs, il existe un lieu qui accueille des personnes venues de tous horizons avec au cœur une soif de calme et de solitude et le désir profond de se retirer du monde dans la paix et la prière, pour quelques heures, une journée, une semaine…

C’est ce lieu, petit jardin d’Eden, merveilleusement conçu et entretenu par des bénévoles qui a accueilli les jeunes lycéens du CLM le week-end de Pâques. Savaient-ils, avant de s’inscrire, dans quelle aventure ils s’engageaient ? Quelles rencontres et quelles expériences seraient les leurs ?
Au début, un peu comme Jésus au désert, on se demande si l’on a bien fait de venir, si l’on n’avait pas mieux à faire, si l’on ne perdait pas son temps…

Et puis, commence la vie communautaire : les présentations, les chants, les temps de partage et l’on se sent saisi, doucement, imperceptiblement. On ressent alors comme un souffle, une forme de respiration jusqu’ici inconnue, plus profonde, plus intense : la respiration de l’âme.
On se laisse bercer par un chant intérieur et l’on prend goût à ces moments de paix en commun. La confiance s’installe et l’on peut s’abandonner à Celui qui vient s’emparer de notre cœur, que l’on fête et que l’on prie tout au long de la journée.

Ces deux jours sont ponctués de moments précieux et intenses. L’ambiance, dans la joie et au rythmes des chants est illuminée par deux témoignages importants : des jeunes canadiens de la congrégation de « Marie Jeunesse » nous racontent les étapes successives de leur engagement, plus particulièrement auprès des jeunes. Agés de moins de 25 ans, portés par l’enthousiasme de la foi, ils ont quitté leur pays, leur famille et tout ce qui peut faire le quotidien d’un jeune pour faire partager aux autres la façon dont Dieu les a transformés de l’intérieur.

Puis, La sœur Pascaline du Monastère des Clarisses voisin de Cana, raconte, elle aussi, son parcours, sa soif de Dieu dés le plus jeune âge et son engagement dans la vie religieuse. Les jeunes posent des questions sur ce choix fait de renoncements pour un Etre qui semble invisible. Avec ce sourire toujours posé sur son visage qui témoigne d’un bonheur non factice, son récit bouleverse les convictions de chacun. Non, l’engagement religieux n’est pas un « enfermement » mais bien au contraire, une ouverture à des valeurs et un mode de vie que l’on a plutôt l’habitude de voir caricaturés et ridiculisés !!!
La présence et le récit de ces témoins et de leur parcours a bousculé, dans une large mesure, les notions un peu réduites que les adolescents avaient du bonheur sur terre. Une vie faite de don de soi, de prière peut donc apporter une joie telle que celle qu’ils ont vue peinte sur des visages sereins et heureux !!

Après quelques moments forts d’intenses émotions, le temps est venu pour chacun de rentrer chez soi, sans oublier de remercier nos hôtes qui nous ont servi avec autant de dévouement que de discrétion pendant ces deux jours.
Une certitude nouvelle s’est immiscée: l’essentiel ne se conquiert pas, ne s’achète pas non plus mais nous est donné. …Il nous reste à savoir le recevoir…





Cécile QUINIOU



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